RETOUR 

 Mars 2007

Deux anciens élèves de Jean-Jaurès à l'honneur :

Bruno et Michel Papet

dont l'autobiographie "Deux frères - Flic & Truand"

est tournée actuellement à Lyon,

avec dans le rôle de Bruno (le flic), Guillaume CANET

(les 2 à gauche sur la photo),

et dans le rôle de Michel (le truand), François CLUZET

(les 2 à droite sur la photo).

 

 

Un film, "Les liens du sang", à voir bientôt sur les écrans !

(au centre, le réalisateur : Jacques MAILLOT)

*

 

Souvenirs de Bruno Papet, ancien élève de "Jean-Jau",

parus dans le livre intitulé "Deux frères - Flic et Truand"

(Flammarion - 1999)

La presse en parle :

http://www.liberation.fr/portrait/0101301261-michel-et-bruno-papet-58-ans-et-56-ans
-l-un-etait-flic-l-autre-truand-ils-se-racontent-a-quatre-mains-l-amour-de-la-fratrie

***

Juin 1996. Doux souvenirs

Je suis à la fenêtre de l’appartement de Gwenn. C’est un "deux-pièces" plutôt classe dans un immeuble ancien et cossu, sur le haut des pentes de la Croix-Rousse, à deux pas de la place du même nom. Je vois la ruelle tout en bas qui mène par un escalier aux pentes de la Croix-Rousse. Mon regard continue sa prospection, s’arrêtant sur la voie de la ligne de bus n° 6. Tout en haut, je vois une de ces voitures, ancêtres des transports en commun lyonnais. Elles ont au moins trente ans celles-là! Qu’est-ce qu’ils sont beaux ces bus! Encore deux ans de répit, paraît-il, avant qu’ils ne soient remplacés. Par quoi? Moi, j’ai connu les précédents. Il s’agissait de bus de la même taille, courts et trapus, engins rondouillards extrêmement maniables, pilotés de main de maître dans les ruelles étroites et pentues de la Croix-Rousse. Je suis très attaché à cette ligne. Je me rappelle que le terminus se trouvait à La Boucle, en haut de la montée du même nom, devant l’hôpital de la Croix-Rousse, à deux pas de la salle des fêtes.

Ce dernier bâtiment représentait un autre bonheur d’enfant quand nous participions à la fête des écoles avant NOEL. Cette fête qui se terminait par la distribution d’un goûter emballé dans un papier transparent : une orange, quelques papillotes lyonnaises de friandises sucrées enrobées ou non de chocolat, un pain au lait et parfois deux mandarines bourrées de pépins. C’est dans cette grande salle et sur la scène qu’une année, je devais avoir douze ans, j’ai joué "Mon coeur est un violon" au pipeau. J’étais encouragé par Monsieur Sornay, mon Maître et Directeur de l'école Jean-Jaurès à Cuire. Le trac d’abord, puis les applaudissements grisants. Agréables à vivre, ces instants. J’ai retrouvé parfois cette sensation au cours de ma carrière, par exemple quand tous les invités de la préfecture du Rhône, en 1974, ont applaudi mon succès. J’avais remporté la demi-finale d’une sorte de rallye du policier de la route à Lyon. J’ai participé ensuite à la finale à Paris où j’avais dû terminer douzième ou treizième, à l’époque où je mettais les bouchées doubles pour combler mon retard sur la société.
Monsieur Sornay, après Monsieur Baillet, mon Instituteur précédent, faisait partie de cette lignée d'hommes presque parfaits dans l’accomplissement de leur métier. J’ai connu beaucoup plus tard, dans l’Ouest lyonnais, des Instituteurs du même type. Mon Maître s'intéressait à moi. Evidemment, j’étais en tête de classe. Mais c’était surtout au sujet du solfège. Ça me plaisait et j'étais très appliqué à jouer du pipeau, obtenant d’assez bons résultats. Monsieur Sornay, voyant cela, m’avait proposé des cours de clarinette prodigués gratuitement par un ami, à condition que mon père achète un instrument d’occasion. Enthousiasmé, je m’étais empressé de porter la bonne nouvelle à la maison, et mon père avait promis.
C’est ainsi qu’après avoir attendu plusieurs mois, après les relances de mon Maître qui s'impatientait, j’ai reçu le cadeau que j’attendais... sous la forme d’un petit poste radio à lampes... «Je n’ai pas trouvé de clarinette, gone! Alors, un poste, c’est mieux...»

Quelle déception. J’ai quand même par la suite apprécié ce petit poste que j’étais seul à utiliser. De plus, j’ai pu l’échanger à seize ans contre mon premier cyclomoteur à moteur Vap et à embrayage automatique par courroie. Ce n’était donc pas une si mauvaise affaire. Mais sur le moment, j’ai été bien déçu. Je comblai ce point noir à vingt-quatre ans, encouragé par Francine, en achetant ma clarinette et en prenant des cours chez un excellent Professeur à Lyon. Cette vocation devait tout de même avorter, malgré des progrès significatifs, en raison de mon entrée dans la gendarmerie en 1968. Je comptais être appelé un an après. J’avais donc le temps de progresser suffisamment et de continuer seul ensuite. C’était mon espoir. Mais les événements de 1968 en décidèrent autrement. Tous les services de police et de gendarmerie étaient complètement débordés. Ce qui valut aux postulants d’être embauchés beaucoup plus tôt, car il fallait augmenter les effectifs.


 Le 17 octobre 2003, l'Ecole Jean-Jaurès fêtait son 70ème anniversaire.
 Bruno PAPET était présent et témoigne dans le Livre d'Or du Site de l'école :

 http://www.ecolejeanjaurescaluire.asso.fr/LIVREOR/70ANS/temoin.htm

 Tournage du film "Les liens du sang"

 

 

 

 

 

 

RETOUR